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Guide candidat

Portage salarial ou micro-entreprise ?

Tout ce qu’un candidat doit savoir pour exercer en indépendant en France : fonctionnement, démarches, coûts, protection sociale et différences concrètes.

Page d’information générale, pas un conseil juridique, fiscal ou social. Les plafonds, cotisations et règles évoluent. Vérifiez toujours les sources officielles et un expert-comptable ou un conseiller si besoin.

Le portage salarial et la micro-entreprise sont des dispositifs principalement français. Si vous travaillez depuis un autre pays européen, le cadre (société, TVA, sécurité sociale) peut être différent : renseignez-vous localement.

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Sommaire

  • C’est quoi le portage salarial
  • Ce que le candidat doit faire (portage)
  • C’est quoi la micro-entreprise
  • Ce que le candidat doit faire (micro)
  • Tableau comparatif
  • Comment choisir
  • Sources et articles officiels

C’est quoi le portage salarial ?

Le portage salarial est un statut hybride : vous restez autonome pour trouver vos missions, mais vous devenez salarié d’une société de portage. Cette société facture le client, encaisse le chiffre d’affaires, prélève ses frais de gestion et vos cotisations, puis vous verse un salaire. Vous bénéficiez donc d’un contrat de travail (souvent un CDD lié à la mission, parfois un CDI) : bulletin de paie, assurance chômage (sous conditions), retraite, mutuelle, etc.

Comment ça fonctionne concrètement

Il y a trois acteurs. 1) Vous (le consultant porté) négociez la mission, le TJM et le contenu avec le client. 2) La société de portage signe un contrat commercial avec le client et un contrat de travail avec vous. 3) Le client paie la société de portage, pas vous directement. Une convention de portage encadre la relation. En France, le portage est prévu par le Code du travail : la société de portage doit être spécialisée, et l’activité doit être compatible (souvent du conseil, pas n’importe quel métier).

Pour qui c’est adapté

Profils qui veulent tester le freelance sans créer d’entreprise, qui ont besoin d’un bulletin de paie (prêt immobilier, visa, droits chômage), qui interviennent chez des grands comptes qui n’acceptent pas les micro-entrepreneurs, ou qui préfèrent déléguer facturation, relances et déclarations sociales.

Avantages

  • Statut de salarié : protection sociale, congés, assurance chômage sous conditions.
  • Peu de paperasse : pas de SIRET personnel, pas de factures à émettre vous-même.
  • Crédibilité auprès de certains clients (grands groupes, secteur public).
  • Accompagnement (contrats, parfois formation, assurance RC pro via la société).
  • Revenu plus lisible (salaire net) même si le TJM brut est plus élevé pour compenser les frais.

Limites

  • Frais de gestion de la société de portage (souvent autour de 5 à 10 % du CA, selon l’offre).
  • Vous n’êtes pas vraiment « indépendant » juridiquement : lien de subordination avec la société de portage.
  • Le net perçu est inférieur au TJM facturé (cotisations salariales + patronales + frais).
  • Eligibilité : pas toutes les activités, parfois un TJM ou un volume minimum.
  • Vous devez quand même trouver vos clients : le portage n’est pas un cabinet de recrutement.

Ce que le candidat doit faire en portage salarial

Le portage simplifie l’administratif, mais vous restez responsable de votre activité commerciale et de la qualité de la mission.

  1. 1

    Choisir une société de portage

    Comparez frais de gestion, services (RC pro, mutuelle, titres restaurant), délai de paiement, et vérifiez qu’il s’agit bien d’une société de portage habilitée. Lisez le contrat et le simulateur de salaire net.

  2. 2

    Signer la convention / le contrat de travail

    Vous adhérez à la société, fournissez pièce d’identité, RIB, éventuellement diplômes. Un contrat de travail est établi pour la mission (ou un CDI avec avenants).

  3. 3

    Trouver et cadrer la mission

    Prospectez (Indep Work, réseau, job boards). Negociez TJM, durée, remote/sur site, clauses. La société de portage contractualise ensuite avec le client.

  4. 4

    Réaliser la mission et déclarer l’activité

    Vous travaillez chez / pour le client. Vous validez souvent un compte-rendu d’activité (CRA) ou des jours facturés. La société facture le client sur cette base.

  5. 5

    Percevoir le salaire et suivre vos droits

    Vous recevez un bulletin de paie. Conservez-le pour Pôle emploi / France Travail, retraite et banque. Signalez fin de mission, congés et arrêts selon les règles de la société.

C’est quoi le freelance en micro-entreprise ?

La micro-entreprise (ex auto-entrepreneur) est un régime simplifié de travailleur indépendant. Vous créez votre propre activité, obtenez un SIRET, facturez vos clients en votre nom, et déclarez un chiffre d’affaires. Les cotisations sociales sont calculées en pourcentage du CA encaissé (si vous ne facturez rien, vous ne payez en principe pas de cotisations sur le CA). C’est le statut le plus courant pour démarrer en freelance en France.

Comment ça fonctionne concrètement

Vous êtes chef d’entreprise individuel. Vous émettez des factures (mentions légales, n° SIRET). Vous déclarez le CA périodiquement à l’URSSAF (mensuel ou trimestriel). L’impôt peut être prélevé via le versement libératoire ou via la déclaration annuelle. Au-delà de certains seuils, la TVA peut s’appliquer (franchise en base). Il existe des plafonds de CA selon l’activité (services vs vente) : s’ils sont dépassés deux années de suite, vous sortez du régime micro.

Pour qui c’est adapté

Freelances qui veulent démarrer vite, garder la maîtrise de la facturation et du net, tester une activité, ou facturer des TPE/PME et des clients à l’aise avec un indépendant. Moins adapté si un client n’accepte que du salariat / du portage, ou si vous visez un CA nettement au-dessus des plafonds.

Avantages

  • Création rapide et gratuite en ligne (guichet unique des formalités).
  • Comptabilité allégée : livre des recettes, pas de bilan complet au départ.
  • Charges sociales proportionnelles au CA : coût faible si l’activité démarre doucement.
  • Indépendance totale : vous choisissez clients, tarifs, outils, congés.
  • Image « freelance classique » : TJM négocié directement, contrat de prestation.

Limites

  • Protection sociale d’indépendant : pas le même filet que le salariat (chômage limité / ATI sous conditions).
  • Vous gérez tout : devis, factures, relances, URSSAF, TVA éventuelle, RC pro.
  • Plafonds de chiffre d’affaires : le régime n’est pas fait pour scaler sans changer de statut.
  • Certains grands comptes refusent les micro-entrepreneurs (risque de requalification, process achats).
  • Responsabilité : en cas de litige ou d’impayé, c’est vous (personne physique) qui êtes exposé.

Ce que le candidat doit faire en micro-entreprise

Voici le parcours type. L’ordre peut légèrement varier, mais aucune de ces étapes ne doit être oubliée avant de facturer.

  1. 1

    Vérifier que l’activité est compatible

    Conseil, développement, design, formation… la plupart des missions intellectuelles passent en micro. Certaines professions réglementées ou agricoles ont d’autres règles. Vérifiez aussi un éventuel conflit avec un CDI (clause d’exclusivité).

  2. 2

    Créer l’entreprise sur le guichet unique

    Déclaration en ligne sur formalites.entreprises.gouv.fr. Choix de l’activité, de l’adresse, éventuellement du versement libératoire de l’impôt. Vous recevez un SIRET (INSEE).

  3. 3

    Ouvrir un compte et vous assurer

    Un compte bancaire dédié est obligatoire au-delà d’un certain CA, et fortement recommandé dès le début. Souscrivez une responsabilité civile professionnelle (souvent exigée par les clients).

  4. 4

    Facturer correctement

    Devis puis facture : identité, SIRET, date, détail de la prestation, TJM ou forfait, mentions légales (TVA non applicable, article 293 B du CGI, tant que vous êtes en franchise). Conservez un contrat de prestation.

  5. 5

    Déclarer et payer URSSAF (et impôts)

    Chaque mois ou trimestre, déclarez le CA encaissé sur autoentrepreneur.urssaf.fr. Payez les cotisations. Suivez la TVA si vous dépassez les seuils de franchise. Déclarez vos revenus aux impôts.

  6. 6

    Piloter l’activité

    Anticipez les plafonds, mettez de côté charges et impôt (souvent 25–40 % du CA selon l’activité et l’option fiscale), suivez les impayés, et prévoyez la suite (EURL/SASU, portage) si vous grandissez.

Les différences, point par point

Même métier (vendre votre expertise au TJM), deux cadres très différents. Le « bon » choix dépend de vos clients, de votre besoin de sécurité et de votre appétit pour l’administratif.

CritèrePortage salarialMicro-entreprise
StatutSalarié de la société de portageTravailleur non salarié (TNS), entreprise individuelle
Contrat avec le clientContrat commercial société de portage ↔ clientContrat de prestation vous ↔ client
Protection socialeRégime général salarié (maladie, retraite, cotisations patronales)Sécurité sociale des indépendants, cotisations sur le CA
ChômageDroits France Travail possibles selon le contrat et la duréePas d’assurance chômage classique ; ATI possible sous conditions strictes
AdministratifGéré en grande partie par la société de portageÀ votre charge (factures, URSSAF, TVA, relances)
Coût du cadreFrais de gestion + cotisations salariales et patronales (net << TJM)Cotisations ~ proportionnelles au CA ; pas de frais de portage
Plafond d’activitéPas de plafond micro ; règles propres au portage (minima, éligibilité)Plafonds de CA du régime micro (révisés chaque année)
Qui factureLa société de portageVous, avec votre SIRET
Acceptation clientSouvent mieux accepté par les grands comptesTrès courant en TPE/PME ; parfois refusé en grand groupe

Comment choisir ?

Il n’y a pas de statut universel. Beaucoup de consultants commencent en micro, passent en portage pour une mission grand compte, puis créent une société (EURL/SASU) quand le CA dépasse les plafonds ou que la TVA devient structurelle.

Le portage est souvent plus pertinent si…

Vous voulez un bulletin de paie, sécuriser un prêt, conserver / ouvrir des droits chômage, facturer un client qui impose le portage, ou déléguer toute la paie le temps de tester le marché.

La micro-entreprise est souvent plus pertinente si…

Vous démarrez, votre CA reste sous les plafonds, vos clients acceptent une facture d’indépendant, et vous voulez maximiser le net et la simplicité, quitte à gérer URSSAF vous-même.

Autres options (aperçu)

EURL ou SASU : plus de structure, TVA, comptabilité complète, parfois meilleure optimisation et responsabilité limitée (SASU : assimilé salarié). CDI classique : salaire fixe, pas de TJM. Société à l’étranger / détachement : cadre européen différent (A1, TVA intra-UE). Un expert-comptable aide à arbitrer dès que les montants deviennent significatifs.

Et sur Indep Work ?

Indep Work met en relation candidats et recruteurs. Le statut (portage, micro, société, CDI) est votre choix : indiquez-le sur votre profil et dans vos échanges. Une mission freelance peut être réalisée en portage ou en micro selon ce que vous et le client acceptez. Les offres CDI, elles, correspondent à un salariat direct chez l’employeur.

Sources officielles et lectures utiles

Privilégiez les sites de l’État. Les simulateurs des sociétés de portage sont utiles pour le net, mais ce sont des acteurs commerciaux.

  • Service-Public.fr — Portage salarial

    Fiche officielle : définition, conditions, contrat, droits du salarié porté.

  • Ministère du Travail — Le portage salarial

    Cadre juridique et points de vigilance côté droit du travail.

  • Service-Public Entreprendre — Micro-entreprise

    Création, plafonds, cotisations, TVA, obligations comptables.

  • Autoentrepreneur.urssaf.fr

    Déclarations de chiffre d’affaires, paiement des cotisations, comptes URSSAF.

  • Guichet unique des formalités (formalites.entreprises.gouv.fr)

    Créer, modifier ou cesser une micro-entreprise en ligne.

  • Impots.gouv.fr — Régime micro-entreprise

    Fiscalité, versement libératoire, déclaration des revenus.

  • Indep Work — Marché du travail

    Actualités emploi et freelance pour suivre le contexte des missions.

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